À la place d’une Vierge… une Verge.
L’œuvre renverse les codes de la sacralité : là où l’iconographie chrétienne érige la pureté du corps féminin, je substitue le corps masculin, nu, érigé, exposé et pourtant voilé. Ce projet s’inscrit dans la continuité de la tradition sculpturale, depuis les marbres grecs et romains jusqu’à la sculpture religieuse — le Christ voilé de Giuseppe Sanmartino ou le relief des Passions humaines de Jef Lambeaux — tout en cherchant simultanément à déplacer et questionner ces fondements.
Dans l’Antiquité, le corps masculin nu était le lieu où le divin prenait forme ; le corps devenait mesure, harmonie, idéal. Le marbre ne représentait pas simplement la chair : il la transformait, il la rendait intemporelle. Avec ce projet, je réactive cette tradition en redonnant au corps masculin une dimension sacrée. Mais contrairement à la statuaire antique, qui cherchait à purifier le corps de tout ce qui le rend humain, j’assume au contraire la sueur, la trace, le désir.
Comme un Saint Suaire, la série capture la trace d’un corps vivant, à la fois présent et absent — le fantôme d’une chair qui a transpiré, aimé, désiré. Le suaire — du latin sudarium, « linge pour la sueur » — devient pour moi une surface qui enregistre l’empreinte d’un corps incarné, fragile et vibrant. Je ne cherche pas à figer un idéal abstrait, mais à révéler un corps vivant, où la peau, le marbre, la lumière et la matière se confondent pour abolir la frontière entre l’humain et le divin.
Tout est jeu de dualités : ce qui est caché mais visible, sacré et charnel, vivant et minéral. Les corps deviennent des pierres, des statues animées, des golems auxquels on insuffle la vie. Dans mon travail, le corps masculin, nu, exposé et pourtant voilé, devient un objet de contemplation et de spiritualité. Il ne s’agit pas d’affirmer une puissance, mais de réparer quelque chose : réhabiliter un corps longtemps enfermé dans des normes de virilité, contraint, rendu muet dans son désir.
Ainsi, ces corps deviennent des figures de résurrection. Comme les statues antiques donnaient une forme visible au divin, ils incarnent ici la persistance du désir malgré son refoulement historique. Le suaire ne renvoie plus à la mort, mais à une renaissance : celle d’une spiritualité incarnée, où le corps masculin retrouve sa place comme lieu de beauté, de vulnérabilité et de sacré. Avec ce projet, le marbre n’efface plus le vivant : il le révèle. Et la chair, loin d’être opposée au sacré, en devient l’expression la plus directe.
NOTE D’INTENTION: 

Ce projet met en lumière le corps masculin et la nudité, en quête d’un équilibre. Pendant des siècles, l’art a représenté le corps féminin comme un objet de beauté et de désir. Ici, mon intention est de placer le corps masculin sur un pied d’égalité et de promouvoir une vision plus juste, visant à effacer les distinctions imposées, éliminer les perceptions machistes du corps féminin, et déconstruire les aspects toxiques de la masculinité qui persistent dans le milieu culturel.
Le temps avance, et les mentalités doivent évoluer avec lui.
ENGLISH VERSION

Instead of a Virgin… a Phallus.
The work overturns the codes of sacredness: where Christian iconography elevates the purity of the female body, I substitute the male body, nude, erect, exposed, yet veiled. This project continues the sculptural tradition, from Greek and Roman marbles to religious sculpture — the Veiled Christ by Giuseppe Sanmartino or Jef Lambeaux’s relief of Human Passions — while simultaneously seeking to question and shift these foundations.
In antiquity, the nude male body was the place where the divine took form; the body became measure, harmony, ideal. Marble did not simply represent flesh: it transformed it, rendered it timeless. With this project, I reactivate this tradition by restoring a sacred dimension to the male body. But unlike ancient statuary, which sought to purify the body of everything that made it human, I embrace sweat, trace, and desire.
Like a Holy Shroud, the series captures the mark of a living body, both present and absent — the ghost of flesh that has sweated, loved, desired. The shroud — from the Latin sudarium, “cloth for sweat” — becomes a surface that records the imprint of an embodied, fragile, and vibrant body. I do not seek to fix an abstract ideal, but to reveal a living body where skin, marble, light, and material merge, blurring the boundary between human and divine.
Everything is a play of dualities: hidden yet visible, sacred and carnal, living and mineral. Bodies become stones, animated statues, golems infused with life. In my work, the male body, nude, exposed, yet veiled, becomes an object of contemplation and spirituality. It is not about asserting power, but about repair: restoring a body long confined by norms of masculinity, constrained, silenced in its desire.
Thus, these bodies become figures of resurrection. Just as ancient statues gave visible form to the divine, they here embody the persistence of desire despite its historical repression. The shroud no longer signifies death, but rebirth: that of an embodied spirituality, where the male body regains its place as a locus of beauty, vulnerability, and sacredness. With this project, marble no longer erases the living: it reveals it. And flesh, far from being opposed to the sacred, becomes its most direct expression.

Statement of Intent.

This project sheds light on the male body and nudity, seeking a sense of balance. For centuries, art has portrayed the female body as an object of beauty and desire. Here, my aim is to elevate the male body to an equal level, promoting a more equitable perspective that erases imposed distinctions, eliminates the macho view of the female form, and deconstructs toxic masculinity, which remains pervasive in the cultural sphere.
Time moves forward, and mindsets must evolve accordingly.

Kristof
Kristof
Kristof
Kristof
Kristof
Kristof
Bruno & Fifi
Bruno & Fifi
Bruno & Fifi
Bruno & Fifi
Bruno & Fifi
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Greg
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Bruno & Fifi
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Mehdi
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Karel
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Aylan
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Karel
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Ahmed
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Ren
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